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Giovanni Francesco ZARBULA
l'homme qui "piégeait le soleil sur les façades"

La notoriété de cet artiste cadranier d'origine piémontaise était exceptionnelle. Elle reste cependant mystérieuse. A part ses cadrans, on ne s'est pas grand-chose de Zarbula. On ignore jusqu'à son nom : Zarbula ou Zerbolla ?

Il a crée environ 100 cadrans solaires dans les Alpes du Sud entre 1833 et 1881, en Savoie, dans le Piémont, l'Ubaye, le Queyras et le Briançonnais.
Tous ses cadrans sont peints à fresque, technique parfaitement maîtrisée par Zarbula.

La fraicheur des couleurs conservées sur les cadrans et la justesse de leur fonction horaire confirment la valeur de sa méthode de calcul et sa maîtrise technique de la frise.

Faux-marbres, encadrements en trompe-l'oeil, tentures de théatre, corbeilles de fleurs, cornes d'abondance, soleils souriants sont autant d'éléments décoratifs d'une grande finesse qu'on trouve sur les cadrans signés G.Z.F. ( Giovanni Francesco Zarbula )



Zarbula un personnage mystérieux

Extraits de l'encart spécial du Bulletin du Pays Guillestrin
Histoire, Patrimoine et Devenir (n° 10 - 1995)
Michel Floro : "Sur les traces de Giovanni Francesco Zarbula - Les cadrans du Guil"

Ce que l'on sait du personnage :

son trajet, le lieu et le temps : Les Alpes, Le Piémont
son activité : de 1832 à 1881, des trous dans son activité sans doute liés à son action politique
ses représentations artistiques : des oiseaux exotiques, de pays chauds, des allusions symboliques, une dimension pédagogique, "une mise en scène" du temps
sa technique : un savoir d'initié

Ce qu'on a reconstruit à partir de ces indices : l'homme est solide


Extraits du bulletin "Le Gnomoniste"
Volume XII numéro 1, mars 2005
Commission des Cadrans solaires du Québec

« Il est hors de doute que Zarbula fut un infatigable marcheur. Pendant quarante ans, il a arpenté les routes et les chemins des Hautes-Alpes, des Alpes de Haute-Provence et de la Savoie, de ce côté-ci des Alpes, et les chemins et les routes du Piémont, sur leur autre versant ». « ...la zone où se circonscrit son oeuvre est minuscule : Valloire, Fenestrelle, Argentera et Seyne en forment les quatre sommets matérialisant, ainsi, un rectangle d'à peine 3500 kilomètres carrés. Mais, cette petite campagne, il l'a sillonnée sans relâche, allant, venant et revenant ».
P. Gagnaire «L’équerre et l’oiseau».

Ce qui est remarquable avec Zarbula c'est que nous nous trouvons face à du grand art gnomonique, dans une région rurale encore très rustique, peu praticable, on ne va pas dans le Queyras par hasard, ce n'est pas un lieu de passage mais un endroit clos, inhospitalier. On ne trouve pas de cadrans de Zarbula dans les villes, comme Gap, Briançon, Guillestre ou Embrun mais ils sont installés sur des habitations ordinaires, des fermes, parfois dans des lieux très isolés.
Alain Ferreira, de la Commission des Cadrans solaires de la Société astronomique de France (SAF)

Des commentateurs se sont étonnés de la production de Zarbula, certaines années, en particulier en 1840, avec onze cadrans. Or Zarbula disposait, chaque année, d'une bonne quinzaine de jours, à cheval sur la date du solstice d'été, pour tracer des sous-stylaires par la méthode du cercle hindou, sans terminer les cadrans. Une fois ses différents murs ainsi "gnomonisés", entre le 10 et le 30 juin, il avait ensuite tout loisir pour achever son tracé, quel que fût l'état du ciel. Presque chaque jour de juin, il aurait pu ainsi préparer un mur, même dans des villages éloignés les uns des autres.
P. Gagnaire «L’équerre et l’oiseau»

Je découvre que l’on sait fort peu de choses au sujet de Zarbula. Quand est-il né? Quand est-il mort? Pourquoi utilise-t-il tel ou tel thème? Était-il peintre, maçon, ou cadranier itinérant? Étrange destin d’un homme inconnu . Aucun écrit ne nous est parvenu jusqu’à maintenant. Mais quel bonheur, il nous reste ses cadrans! C’était son langage. On dira d’un tel autre, qu’il a l’esprit de géométrie. Je crois pouvoir dire de Zarbula qu’il a l’esprit de finesse! Si ses cadrans étaient des discours, je dirais qu’ils n’ont pas encore subi l’équarrissage, conduisant à de multiples résonances et harmoniques. Il nous faut donc étudier les cadrans de Zarbula, pour découvrir le mystère ambiant et le génie de ce créateur solitaire. En s’initiant à sa méthode de construction de cadrans, nous pourrions peut-être entendre le dernier des versets de Rûmi, celui qui disait : « Viens, qui que tu sois, cueillir les mille secrets répandus comme des pétales de roses jetés sur ma tombe.» Ne connaissant pas l’endroit de sépulture de Zarbula, il ne nous reste qu’un choix logique : son monument n’est rien de moins que ses cadrans dans les Alpes.
André E. Bouchard secrétaire général Commission des Cadrans solaires du Québec

Restauration des cadrans de Zarbula :

  • Club du Vieux Manoir, Paris.
  • Atelier du Tournesol, 36 avenue Bertheriques,13570 Barbentane.
  • Jean-Francois Gavoty, professeur à l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg.
  • Rémi Potey,
  • Evelyne Rey-Peyrot, de Plampinet.


La trilogie "Les Larmes du Soleil"

*    Les Soleils de Zarbula
**  L'Or perdu de la Séveraisse
*** Les Braconniers du Temps

Michel Floro et Alain Rota se sont associés pour écrire le récit d'un cadranier-poète célèbre dans les Alpes du XIXè siècle, Giovanni Francesco Zarbula.

Dans cette trilogie, ils nous parlent du personnage de G.F.Zarbula en proposant de reconstruire sa vie, une vie romancée, à partir de ses trajets et de ses réalisations.

 

2005 Editions "La Fontaine de Siloé"