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LES CADRANS SOLAIRES*

À TRAVERS LA LITTÉRATURE
XIXème siècle - 1
Pages : 1 - 2

Sélection d'un
auteur et d'une oeuvre

Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869)
"Harmonies poétiques et religieuses"(1830)
Le premier jour de l'année
Source

Cependant les mortels avec indifférence
Laissent glisser les jours, les heures, les momens ;
L'ombre seule marque en silence
Sur le cadran rempli les pas muets du temps !
On l'oublie ; et voilà que les heures fidèles
Sur l'airain ont sonné minuit,
Et qu'une année entière a replié ses ailes
Dans l'ombre d'une seule nuit !


Clémence ROBERT (1797-1872)
La fille de Satan (publié en 1877)
Source

Clémence Robert est une romancière française, féministe et républicaine, auteure de romans populaires historiques.

"Un instant après, ils étaient dans le préau du couvent. La duchesse regarda d'abord avec attention le cadran solaire placé au-dessus de l'entrée du cloître. Ils avancèrent. "
 (page 240)

"Mais bientôt la duchesse regarda de nouveau l'horloge solaire ; l'ombre alors envahissait tout à fait le cadran. "
(page 244)


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Honoré de BALZAC (1799 - 1850)
"Les petits bourgeois" (1855)
CHAPITRE X I
LES HONNETES PHELLION


La façade, composée de cinq croisées et des deux pavillons avancés d’une toise, était d’un style Phellion. Au-dessus de la porte, il avait mis une tablette en marbre blanc sur laquelle se lisait en lettres d’or : Aurea mediocritas. (*) Sous le méridien tracé dans un tableau de cette façade, il avait fait inscrire cette sage maxime : Umbra mea vita sit ! (**)Les appuis des fenêtres avaient été récemment remplacés par des appuis en marbre rouge du Languedoc trouvés chez un marbrier.

Source

(*) "Juste milieu précieux comme l'or " (Horace - Odes II, 10)
(**) "La mienne [vie ou heure] s'enfuit comme l'ombre"

Honoré de BALZAC (1799 - 1850)
"La Grande Bretèche" (1855)
(Fin de "Autre étude de femme")

Illustration La Grande Bretèche (1831)
Honoré de Balzac ® Wikipédia



Pour compléter les idées tristes et douces qui saisissent l’âme, un des murs offre un cadran solaire orné de cette inscription bourgeoisement chrétienne : ULTIMAM COGITA ! (*)

Source (p. 7)

(*) "Pensez à la dernière [heure] ! "

Honoré de BALZAC (1799 - 1850)
"La peau de chagrin" (1830)
III. L'Agonie

Raphaël surprit le mécanicien planté sur ses deux jambes, comme un pendu tombé droit sous sa potence. Planchette examinait une bille d'agate qui roulait sur un cadran solaire, en attendant qu'elle s'y arrêtât. Le pauvre homme n'était ni décoré, ni pensionné, car il ne savait pas enluminer ses calculs. Heureux de vivre à l'affût d'une découverte, il ne pensait ni à la gloire, ni au monde, ni à lui-même, et vivait dans la science pour la science.


* Alexandre DUMAS (1802-1870)
"Vingt ans après" (1846)

Vingt ans après est la suite qu'Alexandre Dumas donne à partir de 1845 aux Trois Mousquetaires.

" Le spectacle était divisé en trois parties ; la première achevée, on passa à la seconde.
 Il s’agissait d’abord de dire l’heure qu’il était. M. de Chavigny montra sa montre à Pistache. Il était six heures et demie. Pistache leva et baissa la patte six fois, et, à la septième, resta la patte en l’air. Il était impossible d’être plus clair, un cadran solaire n’aurait pas mieux répondu : comme chacun sait, le cadran solaire a le désavantage de ne dire l’heure que tant que le soleil luit."

Alexandre DUMAS (1802 - 1870)
"Amaury" (1848)

"Je me trouvais donc en retard de soixante secondes. Malheureusement il y avait dans la société un mathématicien, c’est-à-dire un de ces hommes toujours réglés comme un cadran solaire, qui vont comme leur montre, et dont la montre va comme le soleil. Au bout des dix minutes qu’il m’avait accordées, il tira son chronomètre, fit observer à la société que j’étais en retard, fit descendre tout le monde dans la barque et commença de la détacher."



Paris 01 - cadran cylindrique réalisé par Alexandre Guy Pingré (1711-1796) installé en 1764, disparu lors d'une restauration de la tour en 1888-1889
Alexandre DUMAS (1802-1870)
"Le Collier de la reine" (1849)
Source


" Beausire s’assit sur un sac de blé, dans la rue de Viarmes, qui tourne autour de la halle, et là feignit de considérer avec la plus vive attention la colonne de Médicis, que Bachaumont avait achetée pour l’arracher au marteau des démolis seurs et en faire présent à l’Hôtel de Ville.
Le fait est que M. de Beausire ne regardait ni la colonne de M. Philibert Delorme, ni le cadran solaire dont M. de Pingré l’avait décorée. Il tirait péniblement du fond de ses poumons une respiration stridente et rauque comme celle d’un soufflet de forge fatigué. "

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Alexandre DUMAS (1802-1870)
avec la collaboration de Gaspard de Cherville
"Black" (1858)
Source

Gaspard de Cherville débute assez tard dans les lettres. Dans les années 1850, il collabore avec Alexandre Dumas à une longue série de romans-feuilletons, dont "Black"

" - Pardon, monsieur, de vous avoir fait attendre, dit-il en tirant sa montre ; mais, vous le voyez, nous ne sommes pas en retard. Le rendez-vous était pour neuf heures, et il est neuf heures moins cinq minutes.
En effet, l’église de Chatou, qui avançait de cinq minutes sur Chalier, se mit à sonner neuf heures.
- Ne vous excusez pas, monsieur, dit Louville ; vous êtes, au contraire, exact comme un cadran solaire"
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* Alexandre DUMAS (1802-1870)
"Madame de Chamblay" (1869)



"En ce moment, la cloche du dîner se fit entendre.
Alfred tira sa montre
- Cinq heures et demie ! ponctuel comme un cadran solaire ! Grand homme que Bertrand, mon ami, très-grand homme, que je te léguerai par testament si je fais la sottise de me laisser mourir avant toi. "

Victor HUGO (1802 - 1885)
"Tas de pierres"

Beaucoup d'amis sont comme le cadran solaire ; ils ne marquent que les heures où le soleil vous luit.


Ralph Waldo EMERSON (1803-1882)
Trois essais : Amitié, Amour, Art

Ralph Waldo Emerson est un essayiste, philosophe, poète américain

"La conversation est une liaison passagère, rien de plus. Un homme qui a la réputation d'avoir de l'esprit et de l'éloquence ne peut pas pour cela dire un mot à son cousin ou à son oncle. On lui reproche son silence avec autant de raison qu'on reprocherait à un cadran solaire de ne rien marquer dans l'ombre. Au soleil il  marquera l'heure. Parmi ceux qui savourent ses pensées, il retrouvera sa voix."

Source (page 23)

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Musée des famillesSamuel-Henry BERTHOUD (1804-1891)
"Lariflon, arrière petite-fille du chat botté"
[Conte pour enfants - Le musée des familles - lecture du soir
1ère série - livraison n°39 - 1842]
Le Musée des familles, sous-titré Lectures du soir, est l'un des tous premiers périodiques illustrés à bas prix du XIXème siècle à voir le jour en France.
On peut lire dans "Lariflon, arrière petite-fille du chat botté" :

"- Demain à la dernière heure
En effet, au moment où le cadran solaire indiquait cette période de la matinée, un faible miaulement se fit entendre derrière la porte, et de petits ongles grattèrent doucement.
C'était Lariflon"


Emile SOUVESTRE (1806 - 1854)
"Sous les filets"
Sous les filets

Edgar Allan POE (1809 – 1849)
"Nouvelles histoires extraordinaires"
"Le diable dans le beffroi" (1839)
Traduction de Charles Baudelaire (1857)
Source (Gallica)

Autour de la lisière de la vallée (qui est tout à fait unie et pavée dans toute son étendue de tuiles plates) s’étend un rang continu de soixante petites maisons. Elles sont appuyées par derrière sur les collines, et naturellement elles regardent toutes le centre de la plaine, qui est juste à soixante yards de la porte de face de chaque habitation. Chaque maison a devant elle un petit jardin, avec une allée circulaire, un cadran solaire et vingt-quatre choux. Les constructions elles-mêmes sont si parfaitement semblables, qu’il est impossible de distinguer l’une de l’autre.

Sur le livre audio, la citation commence à 5 min 50 s

Infos sur le livre audio - Audiocite.net

Théophile GAUTIER (1811-1872)
"Emaux et camées : la montre"

Deux fois je regarde ma montre,
Et deux fois à mes yeux distraits
L'aiguille au même endroit se montre ;
Il est une heure... une heure après.

La figure de la pendule
En rit dans le salon voisin,
Et le timbre d'argent module
Deux coups vibrant comme un tocsin.

Le cadran solaire me raille
En m'indiquant, de son long doigt,
Le chemin que sur la muraille
A fait son ombre qui s'accroît.

Le clocher avec ironie
Dit le vrai chiffre et le beffroi,
Reprenant la note finie,
A l'air de se moquer de moi.

Tiens ! la petite bête est morte.
Je n'ai pas mis hier encor,
Tant ma rêverie était forte,
Au trou de rubis la clef d'or !

Et je ne vois plus, dans sa boîte,
Le fin ressort du balancier
Aller, venir, à gauche, à droite,
Ainsi qu'un papillon d'acier.

C'est bien de moi ! Quand je chevauche
L'Hippogriffe, au pays du Bleu,
Mon corps sans âme se débauche,
Et s'en va comme il plaît à Dieu !

L'éternité poursuit son cercle
Autour de ce cadran muet,
Et le temps, l'oreille au couvercle,
Cherche ce coeur qui remuait ;

Ce coeur que l'enfant croit en vie,
Et dont chaque pulsation
Dans notre poitrine est suivie
D'une égale vibration,

Il ne bat plus, mais son grand frère
Toujours palpite à mon côté.
- Celui que rien ne peut distraire,
Quand je dormais, l'a remonté !

 
Source [Gallica]

Charles Dickens (1812-1870)
Sketches by Boz
(1836)

"Les Esquisses de Boz" (Sketches by Boz) dont le titre complet précise "Illustrations de la vie et des gens de tous les jours", est un recueil de nouvelles de Charles Dickens, paru en 1836, où sont regroupés des textes parus dans divers journaux entre 1834 et 1836 sous le pseudonyme de Boz.
Dans une des scènes intitulée "Seven Dials", Dickens décrit ce quartier de Londres près de Covent Garden, marqué par un carrefour où convergent sept rues, au centre duquel se trouve une colonne portant six cadrans solaires, la colonne servant de style pour le septième cadran (horizontal). Au XIXème siècle, Seven Dials était considéré comme l'un des quartiers les plus pauvres de Londres.
"Nous avons toujours été d'avis que si Tom King et les Français n'avaient pas immortalisé Seven Dials, Seven Dials se serait immortalisé".

On peut lire cette nouvelle ici.

Charles DICKENS (1812 - 1870)
"David Copperfield" (1850)
Chapitre 2 : "J'observe"

Je ne connais nulle part de gazon aussi vert que le gazon de ce cimetière ; il n’y a rien de si touffu que ces arbres, rien de si calme que ces tombeaux. Chaque matin, quand je m’agenouille sur mon petit lit près de la chambre de ma mère, je vois les moutons qui paissent sur cette herbe verte ; je vois le soleil brillant qui se reflète sur le cadran solaire, et je m’étonne qu’avec cet entourage funèbre il puisse encore marquer l’heure.


Charles DICKENS (1812 - 1870)
"Le Mystère d'Edwin Drood" (1870)
Chapitre XIX : "Une ombre sur le cadran solaire"

Dans ce chapitre, on trouve de nombreuses citations de "cadran solaire".

Rosa prit son chapeau de jardin à son bras et sortit Dès qu'elle aperçut Jasper du porche de la maison, appuyé comme il était sur le cadran solaire, elle éprouva de nouveau l'horrible sentiment de contrainte qu'il exerçait autrefois sur elle. (p. 254)
.....
Cette fois il ne la toucha point ; mais le visage de Jasper avait une expression si méchante et si menaçante, tandis que toujours appuyé sur le cadran solaire, le chantre recevait en plein la lumière du jour, que la terreur s'empara d'elle. (p  256)
.....

Source [Gallica]

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Manoir de Châteaupauvre à Saint-Thélo (22)
Paul FÉVAL (1816-1887)
"Châteaupauvre - Voyage au dernier Pays Breton" (1895)

Le manoir de l’Abbaye ou Châteaupauvre date de la fin du XVIIIème siècle. Il devient la propriété de la famille Féval au milieu des années 1840. Le romancier y conçoit plusieurs romans dont "Châteaupauvre - Voyage Au Dernier Pays Breton".
L’action de "Châteaupauvre" se déroule à l’automne 1849 dans le petit bourg de Saint-Juhel, nom romancé de Saint-Thélo

Source

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"Et je me repris à regarder la maison toute quadrillée de blanc sur noir. Il y avait un énorme rosier à mille feuilles qui montait jusqu’au toit, laissant pendre par milliers ses bouquets de petites roses : de celles qu’on nomme roses-thé à cause de leur pâleur.
Et il y avait aux deux bouts de la pauvre façade, - car plus on examinait, plus c’était pauvre, malgré le cadran solaire, l’écusson et le crucifix, - il y avait, dis-je, deux grosses touffes d’hortensias, dont la couleur naturelle s’était teintée d’azur à cause de leur vieillesse."


Paul FÉVAL (1816-1887)
"Les Habits Noirs Tome VII – Les Compagnons du Trésor" (1863-1875)
Chapitre IX : La lettre de Vincent Carpentier


"Nous préférons le dire franchement : l'attention qu'elle donnait aux lettres d'or plaquées sur la tombe du colonel ne se rapportait point au passé ; Depuis quelques jours, l'inscription, frappée à une certaine heure - l'heure du rendez-vous -, par les rayons du couchant, lui servait de cadran solaire, et c'était tout.
Cela devait durer quelques jours encore, puis, la diminution des heures diurnes amenant un écart trop grand, elle allait oublier la tombe, comme on cesse d’interroger une horloge arrêtée."

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Gustave Flaubert (1821 - 1880)
"Madame Bovary" (1856)
Partie 1 - Chapitre 5
2 citations

Le jardin, plus long que large, allait, entre deux murs de bauge couverts d'abricots en espalier, jusqu'à une haie d'épines qui le séparait des champs Il y avait au milieu un cadran solaire en ardoise, sur un piédestal de maçonnerie ; quatre plates-bandes garnies d'églantiers maigres entouraient symétriquement le carré plus utile des végétations sérieuses. Tout au fond, sous les sapinettes un curé de plâtre lisait son bréviaire. ...

Elle s'occupa, les premiers jours, à méditer des changements dans sa maison. Elle retira les globes des flambeaux, fit coller des papiers neufs, repeindre l'escalier et faire des bancs dans le jardin, tout autour du cadran solaire ; elle demanda même comment s'y prendre pour avoir un bassin à jet d'eau avec des poissons ...



Gustave Flaubert (1821 - 1880)
"L’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme" (1856)

Dans cet ouvrage, Flaubert évoque le cadran solaire du Lycée Stéphane Mallarmé de Sens (89). ... avec sa devise "Ludimus interea celeri nos ludimur hora" ("Nous jouons, pendant ce temps-là l'heure rapide se jous de nous")



Jules VERNE (1826 - 1905)
"Zacharius ou L'horloger qui avait perdu son âme"(1854)

" Aussi, reprit Scholastique, pourquoi se livrer à tout ce travail de réprouvé ? Est-il naturel qu'un petit instrument de cuivre puisse marcher tout seul et marquer les heures ? On aurait dû s'en tenir au cadran solaire !
...
Vous ne parlerez plus ainsi, Scholastique, répondit Aubert, quand vous saurez que le cadran solaire fut inventé par Caïn.
….
On eût volontiers pris son nez pour le style d'un cadran solaire, tant il était mince et aigu ; ses dents, écartées et à surface épicycloïque, ressemblaient aux engrenages d'une roue et grinçaient entre ses lèvres ; sa voix avait le son métallique d'un timbre, et l'on pouvait entendre son coeur battre comme le tic-tac d'une horloge. "


Jules VERNE (1826 - 1905)
"Voyage au centre de la terre"(1864)

" Des trois routes ouvertes sous nos pas, une seule avait été suivie par Saknussemm. Au dire du savant islandais, on devait la reconnaître à cette particularité signalée dans le cryptogramme, que l’ombre du Scartaris venait en caresser les bords pendant les derniers jours du mois de juin.
On pouvait, en effet, considérer ce pic aigu comme le style d’un immense cadran solaire, dont l’ombre à un jour donné marquait le chemin du centre du globe."



* Jules VERNE (1826-1905)
  "L'Ile mystérieuse" - 1874
1ère partie : Les naufrages de l'air
Chapitre XIV : Le passage du soleil au méridien

"Harbert comprit alors comment l’ingénieur allait procéder pour constater la culmination du soleil, c’est-à-dire son passage au méridien de l’île, ou, en d’autres termes, le midi du lieu. C’était au moyen de l’ombre projetée sur le sable par la baguette, moyen qui, à défaut d’instrument, lui donnerait une approximation convenable pour le résultat qu’il voulait obtenir.

En effet, le moment où cette ombre atteindrait son minimum de longueur serait le midi précis, et il suffirait de suivre l’extrémité de cette ombre, afin de reconnaître l’instant où, après avoir successivement diminué, elle recommencerait à s’allonger. En inclinant sa baguette du côté opposé au soleil, Cyrus Smith rendait l’ombre plus longue, et, par conséquent, ses modifications seraient plus faciles à constater. En effet, plus l’aiguille d’un cadran est grande, plus on peut suivre aisément le déplacement de sa pointe. L’ombre de la baguette n’était pas autre chose que l’aiguille d’un cadran.
  
Lorsqu’il pensa que le moment était arrivé, Cyrus Smith s’agenouilla sur le sable, et, au moyen de petits jalons de bois qu’il fichait dans le sable, il commença à pointer les décroissances successives de l’ombre de la baguette. Ses compagnons, penchés au-dessus de lui, suivaient l’opération avec un intérêt extrême.
"


*Texte intégral

Mark TWAIN (1835 - 1910)
"Un Yankee à la cour du roi Arthur"(1889)

Diable! J'ai dit que nous étions vingt et un. J'ai été choqué d'entendre ces mots !
Attention à ne pas faire une erreur, mais il a dit qu'il était sûr qu'il était âgé de vingt et un ans.
Alors Clarence eut de nouveau les idées embrouillées. Le moment de la journée était compatible avec l'éclipse. Je me suis retrouvé avec un cadran solaire qui était proche.
Oui, j'étais dans la cour du roi Arthur, et je ferais mieux de tirer le meilleur parti de ma situation..


Alphonse DAUDET (1840-1897)
" NUMA ROUMESTAN - Mœurs Parisiennes " (1881)
Source


" Puis, tout en haut, des enfants, courant et jouant à la crête des arènes, promenaient sur ce grand brouhaha une couronne de sons aigus au niveau d’un vol de martinets, dans le royaume des oiseaux. Et sur tout cela quels admirables jeux de lumière, à mesure que – le jour s’avançant – le soleil tournait lentement dans la rondeur du vaste amphithéâtre comme sur le disque d’un cadran solaire, reculant la foule, la groupant dans la zone de l’ombre, faisant vides les places exposées à la trop vive chaleur, des espèces de dalles rousses séparées d’herbes sèches où des incendies successifs ont marqué des traces noires. "

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