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HORLOGES MÉCANIQUES

Antoine Houdart de la MOTTE (1672-1731)
"Fable"

Un jour, la montre au cadran insultant
Demandant quelle heure il était
Je n'en sais rien, dit le cadran solaire
- Eh ! que fais-tu donc là, si tu n'en sais pas plus,
- J'attends, répond-il que le soleil m'éclaire
Je ne sais rien que de Phoebus,
- Attends le donc, moi, je n'en ai que faire,
Dit la montre, sans lui, je vais toujours mon train,
Tous les huit jours, un tour de main,
C'est autant qu'il n'en faut pour toute ma semaine,
Je chemine sans cesse et ce n'est point en vain,
Que mon aiguille en rond se promène,
Ecoute, voilà l'heure, elle sonne à l'instant,
Une, deux, trois, quatre, il en est tout autant,
Dit-elle. Mais tandis que la montre décide,
Phoebus, de ses rayons ardents,
Chassant nuages et brouillards
Regarde le cadran, qui fidèle à son guide,
Marque quatre heures et trois quarts.
Mon enfant, dit-il à l'horloge,
Va-t-en te faire remonter,
Tu te vantes sans hésiter,
De répondre à qui t'interroge,
Mais qui t'en croit peut se mécompter,
Je te conseillerai de suivre mon usage,
Je parle peu mais je dis bien,
C'est le caractère du sage.

HORLOGES MÉCANIQUES - XIIIème

Principe d'une horloge mécanique : le temps est mesuré grâce aux oscillations d'un balancier (pendule simple) dont on connaît la période.
Les premières horloges mécaniques ont été mises au point vers le XIIIème siècle avec pour principe la chute d'un poids actionnant les rouages. Elles n'avaient ni cadran, ni aiguille. Leur seule fonction était de sonner les heures. Elles étaient très peu précises et variaient fréquemment de plus d'une heure par jour. Il fallait les remettre à l'heure à l'aide d'un sablier ou d'un cadran solaire. Elles sonnent les quarts et les heures mais n'affichent pas encore l'heure sur un cadran .
Ces premières horloges sont reliées à une cloche. Elles sonnent l’heure et sont avant tout destinées aux moines dont les journées sont strictement découpées, comme un cadran canonial, selon la règle de saint Benoît en sept périodes de prières, du milieu de la nuit où on sonne la première prière, les matines, jusqu'aux deux dernières, les vêpres et complies, à la fin de la journée.


Salisbury (GB) - cathédrale
horloge mécanique, avant 1356

Les horloges affichant les heures sur un cadran n'apparaissent qu'au XVème siècle avec Huygens, mathématicien hollandais, qui a mis au point en 1658 la première horloge à pendule.
Celles-ci n'avaient qu'une seule aiguille qui faisait le tour du cadran en 24 heures. Elles avaient deux défauts : il fallait souvent les remettre à l'heure et étaient très encombrantes.
Fin du XIVème siècle, la plupart des villes se dotent d'horloges mécaniques sur les clochers et les beffrois.
L'aiguille des minutes n'apparaît qu'au XVIIème siècle.
Les premières montres ont été mises au point au XVIème siècle. Elles étaient utilisées seulement par des personnes riches.


Venise : église San Giacomo di Rialto
horloge avec cadran divisé en 24 heureset et une seule aiguille
Venise : San Giorgio dei Greci
Horloge avec cadran divisé en 12 heureset une seule aiguille

*Tolentino (MC) : Corso Giuseppe GaribaldiHorloges à 6 heures - "Orologio a sei ore"
A partir des années 1600, a été largement répandue l'utilisation des horloges à six heures dans l'Etat pontifical, dans la région du Latium, étendue dans d'autres régions de l'Italie centrale. Ces horloges aussi dénommées "horloges à la romaine" indiquent les heures italiques.

"Aller faire l'heure"

Pour régler les montres et les horloges on utilisait les méridiennes. "Aller faire l'heure" consistait à aller près d'une méridienne pour mettre sa montre à l'heure (réglage à midi solaire) ou écouter une méridienne à canon.


Illustration montrant la foule attendant le réglage des horloges près du "canon méridien" du Palais Royal à Paris (75)

La recherche de la précision : horloges de Harrison

En juillet 1714, le Parlement anglais adopte une ordonnance appelée « Longitud Act » lançant un concours récompensant celui qui mettra au point un moyen de déterminer la longitude de façon pratique, fiable, en toute circonstance à bord d'un bâtiment en mer avec une marge d’erreur maximale d’un demi degré en quarante-deux jours de mer. Une prime de vingt mille livres, équivalent de deux millions d’euros actuels, est promise.
John Harrison, horloger autodidacte, a relevé le défi. En 1736, il a présenté une horloge suffisamment précise, pouvant supporter les aléas d'un voyage sur toutes les mers du globe. Il a amélioré plusieurs fois son horloge.
Les différents modèles de chronomètre d'Harrison sont conservés à l'observatoire royal de Greenwich.


4ème chronomètre de John Harrison
Royal Observatory de Greenwich (GB)

Fin XVIIème et début XVIIIème, avec le règne de Louis XIV, les horloges font partie du mobilier. Elles résultent du travail de plusieurs corporations : horlogers, ébénistes, sculpteurs, fondeurs, ciseleurs, ...
Les matériaux évoluent dans la réalisation des décors. On voit apparaître le bronze, la nacre, la corne teintée, l'émail, le marbre dans l'ornementation.
Vers 1750, la technique horlogère réalise des progrès importants. On voit de nouvelles formes : pendule borne, pendule cage, pendule portique, etc ...
Une miniaturisation des mécanismes conduit à la réalisation de montres. Celles-ci connaîtront une évolution constante.

La montre résulte de la réduction d'une horloge de table. La difficulté résulte des problèmes posés par les déplacements. François Ier (1494-1547) est l'un des premiers utilisateurs de montre. L'évolution des montres suit la technologie horlogère.
L'essor de la montre-bracelet pendant l'entre-deux-guerres se fera avec des innovations telles que l'étanchéité et le remontage automatique.
A partir de 1970, la forme des cadrans est radicalement modifiée avec l'indication de l'heure. Les aiguilles disparaissent au profit de l'affichage digital.


Furtzwangen (DE) - Deutches Urhenmuseum
horloges, coucous