haut de page

 

Cadrans solaires et franc-maçonnerie

Sur un certain nombre de cadrans solaires, on aperçoit des symboles francs-maçons : équerre et compas entrelacés, pentagrammes, lettre G, trois points en triangle, etc...
Cest le cas sur des réalisations du cadranier P. E. Pascal dans le Vaucluse (84) à Apt et Ménerbes, comme on le voit sur les images suivantes.

Symboles maçonniques : M suivi des trois points en triangle et pentagramme, équerre et compas croisés
Équerre et compas entrelacés avec la lettre G (God = Dieu), en bas de la courbe en 8 lettre M avec les 3 points sur le cadran.


Sestrières (IT) :
Borgata - 1872
Villard-de-Vallouise
Chapelle Saint-Sébastien - 1869
St-Paul- sur-Ubaye (04) :
Maljasset - 1860
St Martin-de- Queyrières :
Prelles - 1845

Zarbula était-il franc-maçon ?

La question se pose en observant les éléments de décor utilisé par l'artiste. Outre la présence du compas et de l'équerre entrelacés sur les cadrans de Zarbula, on peut également faire une similitude entre les éléments de décoration comme les tentures de théâtre de ses cadrans et les ornements de ces tabliers de francs-maçons datant de la fin du XVIIIème et première moitié du XIXème.

Autre fait marquant : le style de Zarbula évolue à partir des années 1860 et coïncide avec la renaissance de la franc-maconnerie en Savoie et en Italie.
En effet, après avoir subi l'opposition de l'Eglise et de diverses autorités : royaumes de Lombardie-Vénétie, de Sardaigne (Victor-Emmanuel Ier), la franc-maçonnerie italienne renaît à partir de 1859. De nombeux partisans de Garibaldi rejoignent ainsi la franc-maçonnerie.
Le 8 octobre 1859 se forme, à Turin, une nouvelle loge qui prend le nom de « Grande Oriente d'Italia ». Elle tient son assemblée constituante à Turin du 26 décembre 1861 au 1er janvier 1862. Garibaldi y est salué en tant que « premier franc-maçon italien ».
Michel Floro et Alain Rota ®précisent : "... Les représentations de certains outils, équerre, compas, colonnes, peuvent aussi laisser penser qu'il est compagnon.
Cependant, il est difficile de faire appartenir Zarbula seulement au monde des compagnons, compte tenu du contexte politique. L'Italie se construit, se libère du joug autrichien, remet en cause le pouvoir du Pape à Rome. Le Piémont est, de son côté, le premier artisan d'une action souvent conduite par des mouvements tels que la charbonnerie ou la franc-maçonnerie.
Puisque les filiations entre ces trois courants existent, la représentation par Zarbula d'une symbolique commune témoigne sûrement d'une culture et d'un mode de pensée, qui ne pouvaient qu'entraîner à s'inscrire dans une action politique en faveur du "Risorgimento" et à cotoyer l'ensemble de ces organisations ..."

On retrouve comme éléments décoratifs des encadrements en faux-marbre et en trompe-l'oeil, des tentures de théâtre, des bouquets de fleurs, etc ...
On observe également l'aigle impérial, emblème de Napoléon III et du Second Empire (1852-1870). La politique italienne de Napoléon III est marquée par le soutien de la France à l'unification de l'Italie.
On peut penser que Zarbula, en représentant l'aigle sur ses cadrans, salue le soutien de Napoléon III à la cause italienne.



St-Léger-Vauban (89) : cimetière
plaque funéraire sur la tombe
d'un Compagnon du Devoir
Compâs et équerre entrelacés :
emblème de la Franc-Maçonnerie ou de celui des Compagnons tailleurs de pierre ?
Montmaur (05)
emblème des Compagnons du Devoir, posé au-dessus du linteau d'une porte
S'il s'agit des "outils francs-maçons", comment expliquer que ceux-ci figurent sur la Chapelle Saint-Sébastien à Villard-de-Vallouise ?

St-Paul-sur-Ubaye (04) : Maljasset
détail

Symbolique

L’équerre symbolise la perfection du carré, le compas celle du cercle et du cosmos. La règle évoque la rectitude, l’unique direction.
La franc-maçonnerie emprunte beaucoup de ses symboles à l'art de bâtir pratiqué par les constructeurs des cathédrales au Moyen Âge qu'elle considère comme ses prédécesseurs et dont elle a hérité la notion même de loge, l'endroit où se réunissent les ouvriers. À ce titre, la franc-maçonnerie ou Art royal a des points communs avec le compagnonnage et partage avec lui des symboles et valeurs. Les francs-maçons se disent spéculatifs (du latin speculare, réfléchir) par rapport aux compagnons-maçons qu'ils qualifient d'opératifs.
La lettre G, est proche de l’idéogramme de la sagesse et du discernement, ainsi que du Gamma qui dessine une équerre. Elle a diverses significations : Gnose ou connaissance, God, Dieu (en anglais), Géométrie sacrée, Génération, rendue possible par la conjonction du plus et du moins…
L’étoile flamboyante à cinq branches ou pentagramme peut être rapprochée de la rose rosicrucienne. Discrète, l’étoile parait le soir, remplace le soleil et prépare le lever de la lune, astre des philosophes, elle peut pénétrer à l’intérieur de tout chose ...



Henri Brisson ® caricaturé avec les attributs maçonniques
à la tribune de la Chambre des Députés
("Le Petit Panache" oct. 1906)
[Extraits - Nouvel Observateur n° 2348 - 5 au 11 nov. 2009]
"Frères trois-points"

Sous la Troisième République, plusieurs hommes politiques, ministres ou députés, sont caricaturés et désignés sous la formule "frères trois-points" (allusion aux trois points en triangle de la signature maçonnique).