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"Un astérodrome pour enfants sages"
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Texte proposé par M. Paul Gagnaire -  novembre 2017
schémas Michel Lalos

 Cet été, dans nos alpages de Savoie, nous fumes questionné par nos petits-enfants sur le lever héliaque de Sirius dont la période propice à son observation approchait. Nous vint alors l’idée de bricoler une mini-carte du ciel, rotative, procurant les heures de lever d’une quinzaine de belles étoiles, tout au long de l’année. Ce rustique instrument permettait de s’affranchir des tables, moulinées par maints sites astronomiques et dont la précision outrepasse immensément nos modestes besoins.
 Spontanément, nous choisîmes son nom «stellodrome ». Puis une hésitation se fit jour : stellodrome ou stelladrome ? Dieu merci, nous nous aperçûmes alors, que nous allions fabriquer un monstre, alliant une racine latine et une racine grecque. En outre, il évoquait cette émission des débuts de la télévision « La piste aux étoiles », ce qui eût soulevé des sarcasmes. Ainsi, le juste et beau nom sera « astérodrome » ou « astrodrome », selon le goût de nos lecteurs. On pourrait même parler de « phosphorodrome » ou de « hespérodrome », selon que l’instrument présenterait les levers ou les couchers d’étoiles ! Pardon pour cette petite pédanterie.
 Quoi de plus simple que d’imaginer une couronne en carton, graduée, d’abord, par degrés, puis par jours calendaires annotés de leur numéro télex, pour faciliter le tracé. Evidemment, faire tenir 365,25 jours dans 360 degrés exige quelque application, mais on peut.
Il suffit de loger dans chacun des degrés : 1,0145833 jours moyens. On ajoute ensuite une autre graduation qui place 24 heures dans 360 degrés, avec des fractionnements par quarts d’heure (15°//7.5°//3.75°) ; on aligne 0 heure sur le 1er janvier et la couronne est achevée.
 Ensuite, on compose le disque rotatif, semblablement gradué en heures et on y positionne les étoiles à leur heure de lever le 1er janvier. On peut aussi composer un autre disque avec les heures de coucher et un troisième avec les heures de culmination. Tant qu’à faire …
 Dans un coin, il est bon de noter toutes ces heures et les azimuts des levers et des couchers pour savoir où regarder pour trouver telle ou telle étoile. L’astérodrome est achevé.
 Celui dont nous présentons les images a été calculé pour un lieu de latitude 45°30’ et de longitude -5° est. Il est gradué en heures UT et considère l’horizon astronomique de hauteur 0°.
Ces conventions devront être changées selon le lieu de l’observation ou les préférences de l’utilisateur. Pour notre part, nous avouons avoir parfois un peu exagéré les arrondis pour que l’instrument reste convenable pour les longitudes 4.75° E et 5.75°E (maison de Lyon et maison de Savoie). L’incertitude reste contenue entre + et – 2 minutes.


Voici la quadruple couronne et le disque des levers (heures au 1er janvier 2018) :

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Voici l’aide-mémoire :
Pour Astérodrome Latitude : 45°46 N  Longitude : -4.75° E // -5.75° E
(Tolérance : 1° = 4 minutes de temps)
 Etoiles en 2018 : Déclinaisons Azimuts/levers/couchers
 Heures UT : lever/coucher/culmination le 01/01/2018
stelok_5

Voici maintenant un exemple du fonctionnement de l’instrument, illustré par deux de ses positions, l’une au 1er Janvier (jour Télex = 1) et l’autre au 1er Mars (jour Télex N° 60). Entre ces deux dates il s’est écoulé 59 jours et Sirius doit donc se lever, le 1er Mars, 236 minutes plus tôt que le 1er Janvier, puisque, chaque jour, il prend 4 minutes d’avance. Si, donc, il se lève, le 1er Janvier, à 18 h 51 m, il doit se lever, le 1er Mars 236 minutes plus tôt, soit à 16 h 47 m.
C’est bien ce que montre l’astérodrome, malgré ses petites dimensions qui ne laissent pas mieux espérer qu’une précision de 5 à 10 minutes, puisque ses graduations ne marquent que les quarts d’heure, soit à peine l’espace nécessaire pour inscrire le point de l’étoile.


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Astérorodrome en position au 1er janvier
Le repère 0/24 du disque rotatif est placé sur le repère 0/24 de la couronne.
Sirius se lève à 18 h 51 m
L'index de Sirius se place, sur la couronne, entre le repère 18 h 45 m et le repère 19 h
On peut interpoler vers 18 h 52 m 30 s

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Astérodrome en position le 1er mars (jour Télex 60)
Le repère 0/24 du disque rotatif est placé sur le repère du 1er mars de la couronne, à peine au delà du tiret de 20 h.
Le 1er mars Sirius se lève à 14 h 59. Son index se place, sur la couronne presque exactement surle tiret de 15 h. On peut tolérancer entre 14 h 58 m et 15 h 02 m.

C’est bien ce que montre l’astérodrome, malgré ses petites dimensions qui ne laissent pas mieux espérer qu’une précision de 5 à 10 minutes, puisque ses graduations ne marquent que les quarts d’heure, soit à peine l’espace nécessaire pour inscrire le point de l’étoile.


Voici l’image des azimuts des étoiles au lever / coucher (horizon : hauteur = 0°).

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On peut aussi imaginer un astérodrome rectiligne en utilisant une vieille règle à calculer, dont le coulisseau serait l’horloge des étoiles tandis que les berges de l’instrument recevraient les graduations calendaires et horaires. Il suffirait de coller des bandes de papier sur les organes de la règle. Toutefois, comme le coulisseau sort fatalement de la règle, il faudrait composer la graduation horaire en deux séquences croisées où le 0 serait couplé au 24 ; le 1 au 23, etc. On peut aussi contempler un ciel étoilé, pour sa beauté, en oubliant les chiffres.