CADRANS DE L'EGLISE DE SAINT-MARS-SOUS-BALLON

 

Le cadran solaire incorporé dans le mur nord n'est pas à la place qui lui convient puisque, ayant été trouvé dans des démolitions, l'abbé Lhuissier le fit encastrer à cet endroit en 1945 afin d'en assurer la conservation. Il devait être installé dans les jardins du presbytère et posé horizontalement sur une petite colonne. D'horizontal, il est devenu vertical, ce qui contrarie évidemment sa lecture.


Daté de 1699 et portant l'inscription "Andreas Valiquet fecit" , il est attribué à l'abbé André Valiquet, né en 1624 à Saint Mars. Il fut vicaire et instituteur de 1648 à 1700 et fut enterré le jour de Noêl 1700. Il est peu probable que Valiquet ait réalisé ce cadran. Il a sans doute été fait en son honneur. [ce qui reste une hypothèse]


L'ensemble est fait d'ardoise fine de 52 cm sur 45 cm environ, plus petit en largeur qu'à son origine; étant cassé dans sa partie gauche il a dû être retaillé, avant sa mise en place dans ce mur.

Le cadran principal (C1) donne les heures du jour de 4 heures du matin à 8 heures du soir, ainsi que les jours du mois lunaire comptés jusqu'à 29 1/2. Il faut en effet se souvenir qu'un "cadran solaire" peut être utilisé la nuit pour donner l'heure. Il devient "cadran lunaire". La partie centrale est ainsi évidée de quelques millimètres pour recevoir un disque mobile permettant de positionner le style en fonction du jour de la lunaison depuis la nouvelle lune et de connaître l'heure de nuit.
Le style en fer forgé de 117 mm est un peu rongé. Il n'est plus dans sa position d'origine, la pointe de l'angle aigu du triangle n'est plus au centre du cadran.

Les autres petits cadrans pouvaient donner de précieux renseignements : celui en bas à droite (C2) comporte dans sa partie supérieure un tout petit cadran horizontal classique. De plus, il indique les azimuts du soleil de 10° en 10°. Sont également représentés les almicantarats, nom barbare désignant les cercles de même hauteur ou parallèles, permettant de connaître la hauteur du soleil sur l'horizon pour chaque heure du jour entre les tropiques.

Le deuxième petit cadran, en haut à droite (C3) indique les heures babyloniennes et italiques. En effet, les babyloniens comptaient les heures de la journée à partir du lever du soleil de 0 à 24 heures. On pouvait donc savoir depuis combien d'heures le soleil était levé sur l'horizon et combien il en restait jusqu'au lever suivant. Par contre, les Italiens du moyen Age comptaient les 24 heures à partir du coucher du soleil.

Le troisième cadran, en haut à gauche (C4), bien qu'incomplet, représente les signes du zodiaque : Ecrevisse ou Cancer, Lion, Vierge, Ballance, Scorpion, sagittaire et Capricorne, avec les arcs diurnes correspondant à la déclinaison du soleil à des dates déterminées.

Le quatrième en bas à gauche (C5) indique les heures antiques et judaïques. Ces heures commencent également au lever du soleil jusqu'à son coucher. Elles partagent ainsi la journée et la nuit en 2 fois 12 heures. Utilisées par les Juifs, puis dans la Sainte Ecriture dans l'Ancien et le Nouveau Testament, elles servent à connaître quelles parties du jour sont déjà écoulées. Tous les styles de ces cadrans n'existent plus mais on en voit très bien les emplacements.

Devises :
" Labitur occulte fallitque volubilis actas Nec bona tam sequitur quam prima fuit "
" La vie décevante s'écoule discrètement et l'âge présent ne vaut pas le temps jadis "
[ Deux vers d'Ovide. Le premier provient des Amours, Livre I, Epigramma ipsius VIII, vers 49.
Le second provient de L’Art d’aimer, Livre III, vers 59. ]

" Stat sua cuique dies breve & irreparabile tempus Omnibus est vitae "
" Les jours de chacun sont comptés et, pour tous, le temps de la vie est bref et irréparable "
[ Virgile, Enéide, Livre X, vers 560 ]

" Tempora labuntur tacitisque senescimus annis Et fugiunt fraeno non remorante dies "
" Le temps s'écoule et nous vieillissons au fil de muettes années. Nos jours s'enfuient que nul frein n'arrête "
[ Ovide, Les Fastes, Livre VI, vers 773 ]


Extrait de la brochure "Saint-Mars-sous-Ballon", réalisée dans le cadre du Contrat Régional de Développement des Portes du Maine. Le texte est de Monsieur Paul Deciron. Les compléments apportés sont en italique.


C1

C2

C3

C4

C5